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Fiche Technique

Titre VO: Kono sekai no katasumi ni

Auteur: Yôhei Maita

Traducteur: Tomoko Seigneurgens

Editeur: Pika

Genre: historique, drame

Parution: 2018

Pages: 222

Prix: 14,95€

 

Résumé

Rêveuse et douée pour le dessin, Suzu grandit dans un village près d'Hiroshima. En 1944, alors que le Japon est en guerre, elle se marie avec un jeune homme qu'elle ne connaît pas et s'installe dans sa famille à Kure, le plus grand port militaire du Japon. Une nouvelle vie commence alors pour celle qui doit s'occuper du quotidien de sa nouvelle famille en s'adaptant aux privations de la guerre. Malgré un ordinaire de plus en plus difficile, Suzu avance, sans jamais baisser les bras, en cultivant sa joie de vivre.

 

Note

4/5

J'ai beaucoup aimé3

J'ai beaucoup aimé

 

Chronique

  Ce titre me faisait très envie depuis sa sortie et encore plus quand j'ai vu qu'il y avait aussi un film d'animation.

Suzu, jeune femme originaire d'Hiroshima, voit sa vie basculait quand un jeune homme qu'elle ne connait pas, venant d'un village voisin vient demander sa main à sa famille. Peu de temps après, le mariage est célébré et Suzu doit quitter les siens pour vivre avec sa belle famille à Kure. C'est une toute nouvelle vie qui commence pour elle avec des inconnus, dans un autre village, avec un nouveau statut (celui d'épouse) et de nouvelles responsabilités. Elle veut à tout prix être agréable et pourtant, elle dénote, se fait remarquer par ses différences et sa maladresse. Elle finit par trouver sa place, à apprécier sa belle famille et à aimer son mari qu'elle avait déjà rencontré enfant lors d'une mésaventure sans s'en rappeler. Mais lors de cette guerre, Suzu va perdre beaucoup: son frère, sa nièce par alliance, sa main droite (ne pouvant plus pratiquer sa passion pour le dessin), sa ville natale, son amie et rivale Rin. Et pourtant, il faut continuer à vivre, malgré la tristesse et les difficultés. La fin démontre que la vie trouve toujours un chemin.

Ce genre d'ambiance japonaise à savoir tranche de vie m'a toujours fascinée et je l'ai bien retrouvée ici. Rien que quelques petites éléments décrits par-ci par-là et ça faisait son petit effet, mon imagination faisait le reste. J'ai appris plein de choses diverses et variées, notamment sur les traditions japonaises et ça m'a beaucoup plu.

Le contexte historique est aussi important bien qu'en arrière plan. On a en fait le point de vue des civils japonais lors de la Seconde Guerre Mondiale via celui d'un personnage principal. Par le biais de Suzu, on découvre les affres de la guerre: les bombardements, le rationnement, les abris anti-aériens, les évacuations, les allées et venues des navires, les alertes, les flash-infos et plein d'autres choses encore! ça paraissait si réel. Au bout d'un moment, j'avais l'impression que les habitants avaient vraiment pris l'habitude de cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête. C'était leur quotidien, il fallait faire avec mais à force de ne plus craindre les attaques (qui n'aboutissaient pas toujours), la cruelle réalité les a vite rattrapée!

L'écriture est simple, jolie, fluide, presque poétique. Il y a beaucoup de sauts dans le temps et de chapitres qui se passent dans le passé qui sont nécessaires à la compréhension de l'histoire et aussi pour éviter les longueurs. ça manque peut-être d'une petite carte pour mieux se situer, ça n'aurait pas été de trop surtout pour ceux et celles qui ne connaissent pas trop le Japon, ses villes et provinces. J'ai eu un peu de mal avec les noms japonais au début surtout qu'il y a beaucoup de personnages mais je m'y suis faite.

Ce fut une très bonne lecture, à la fois pleine de douceur mais aussi de tristesse car il y a des moments assez durs au vu du contexte historique. J'ai désormais très envie de visionner l'adaptation cinématographique et lire le manga pour pouvoir comparer les trois supports.

Un grand merci à Babelio et aux éditions Pika pour la découverte de ce roman.

 

masse critique Babelio

 

Du même monde

Film

Dans un recoin de ce monde (2016)

 

Extraits

"Les choses du passé, les chemins que nous n'avons pas pris... sont comme des rêves qui s'éloignent de nous, murmura Shûsaku en tournant la tête vers Suzu qui le regardait. Être avec toi est sans doute la meilleure réalité pour moi."

 

"L'amour peut vraiment naître n'importe où."