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Fiche Technique

Titre VO: The Story of Life on the Golden Fields

Auteur: Kim Dong-Hwa

Traducteur: Kette Amoruso

Adaptation graphique/lettrage: MadeWif

Editeur: Casterman

Collection: Ecritures

Série: 3 tomes (terminée)

Genre: BD, romance

Parution: 2006

Pages: 312

Prix: 17€

 

Résumé

Jeunes ou vieilles, les femmes sont des créatures bien étranges. A chaque pluie de printemps, leur curiosité devient un peu plus grande.
Les émois amoureux de deux femmes - une mère et sa fille - au fil d'une existence toute simple marqué par les flux et les reflux du sentiment amoureux. La mère est veuve et exploite un petit restaurant dans un village rural de la Corée profonde. Les deux femmes vivent seules, et doivent souvent affronter les ragots que le qu'en-dira-t-on fait circuler sur le compte de la mère, que son veuvage est censé rendre “disponible”. Et de fait, celle-ci se comporte en femme libre. C'est cette liberté sensuelle et complice qu'elle saura partager avec sa fille, en toute simplicité, instituant entre elles une connivence profonde et généreuse...

 

Note

3/5

c'était sympa (2)

C'était sympa

 

Chronique

  Histoire couleur terre n'est pas mon premier manhwa lu et ne sera pas le dernier. Je suis plus une adepte des mangas et manhuas, mais j'ai vraiment envie de lire plus de bandes dessinées asiatiques.

Nous suivons une petite demoiselle, Ihwa, qui vit seule avec sa mère, patronne d'une taverne dans un petit village coréen du siècle dernier. Elle se pose beaucoup de questions, ce qui est tout à fait normal au fur et à mesure qu'elle grandit. On la voit passer de petite fille à jeune adolescente; elle en apprend plus sur son corps, sur la féminité, sur les hommes et l'amour.

J'ai aimé le côté tranche de vie, le côté simple de la vie. C'est poétique, doux, une histoire très féministe en fait. Une ode à la femme très souvent comparée aux fleurs. C'est important de voir la condition de la femme à cette époque; j'ai aussi apprécié la relation mère/fille très fusionnelle, et on a donc un parallèle entre deux générations dont on suit les peines et les joies. La mère d'Ihwa a elle aussi une vie pleine de rêves et de regrets. On a parfois le point de vue de certains hommes et garçons qui m'ont souvent dérangé, dans leur façon de parler des femmes ou dans leurs gestes sans équivoque, même si évidemment, ils ne sont pas tous comme ça.

J'ai bien aimé le graphisme étrangement. Il y a un côté vintage, très simple, sans fioritures, avec une certaine finesse dans le trait de crayon, avec des éléments très souvent mieux dessinés que d'autres et un design des personnages assez étrange mais peu importe au final, je me suis laissée porter car tout est dans la contemplation. C'est très particulier et nul doute que certains ne seront pas sensibles aux dessins.

J'ai trouvé ce manhwa très juste, romantique, élégant, un peu mélancolique par moment. C'est une histoire racontée avec finesse et délicatesse, avec des sens cachés et diverses figures de style (métaphores, comparaisons...) qui sont subtiles et bien pensées. Il me tarde de lire les deux derniers tomes car c'est vraiment une bien jolie découverte.

 

Extraits

"C'est bien d'élaguer un arbre ! Je crois que c'est pareil pour les sentiments ! Il faut alléger le cœur de tout ce qui l'encombre. À quoi bon s'éparpiller inutilement ?"

 

_ Qu'est-ce que c'est?
_ Une porte secrète. C'est par cette porte que sortent les bébés.
_ Je ne savais pas qu'il y avait une porte dans mon corps!
_ Tu pourras la voir quand tu seras assez grande pour te marier. C'est une chose qui a une grande valeur, tu sais. Voilà pourquoi tu ne dois la montrer à personne jusqu'à ta nuit de noces.

 

"La femme a caché dans la calebasse autant de rêves qu'il n'y a d'étoiles dans le ciel. Elle a enfoui dans la calebasse son attente encore plus longue que le serpent. Elle a hissé la calebasse au-dessus du toit, pareille à une immense lanterne. Ainsi la femme attend le retour de son bien-aimé."

 

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