Titre original : Days on the Road : Crossing the Plains in 1865
Autrice : Sarah Raymond Herndon
Traductrice : Hélène Hinfrey
Editeur : Payot
Genre littéraire : témoignage/récit de voyage/nature writing
Date de sortie : 2019
Nombre de pages : 224
Prix : 19 €
Le 1er mai 1865, une institutrice de vingt-quatre ans surnommée "Sallie" quitte le Missouri avec sa mère et deux de ses frères. Destination : les nouveaux territoires de l'Ouest, où elle et les siens veulent oublier les heures sombres de la guerre de Sécession. Par peur des Indiens ils rejoignent un long convoi de chariots, véritable microcosme dans l'immensité, mais les quatre mois de voyage n'en sont pas moins éprouvants : promiscuité, maladie et frugalité constituent le quotidien des pionniers - un quotidien que Sallie trouve le temps de décrire minutieusement dans son journal de voyage. D'un caractère bien trempé, elle ne perd jamais courage, car des amitiés se nouent ou se renforcent, et au bout de la route il y a l'espoir d'une existence nouvelle dans le Montana pour cette Américaine qui, au travers de sa plume, se fait la voix de centaines de milliers d'héroïnes du Far West demeurées anonymes.
3/5
SYMPA
A travers les grandes plaines est un titre sur lequel je suis tombée par hasard à la médiathèque de ma ville. Mêler journal de bord et univers américain, avec mention des amérindiens, c'était une très bonne idée et j'en suis friande. J'avais d'ailleurs lu un autre carnet de bord édité chez Payot, Ma Captivité chez les Sioux de Fanny Kelly que j'avais beaucoup aimé, une lecture terriblement marquante.
L'autrice de ces écrits retranscrits, Sarah, a bel et bien existé, ce n'est pas un personnage fictif. Durant son émigration d'un état à un autre avec sa famille (sa mère et deux de ses frères) dans un convoi de plusieurs colons, dans l'espoir d'une nouvelle vie , Sarah s'est empressée de tenir un carnet de voyage, d'écrire chaque soir quelques mots sur sa journée passée, son quotidien et celui des autres colons. L'intrigue se passe donc après la Guerre de Sécession, un voyage de l'Iowa vers l'Idaho, de mai 1865 à septembre 1865. Ses écrits nous permettent de voir l'envers du colonialisme, les difficultés du voyage : la météo, la nature hostile, les brigands et voleurs, les Indiens ; voir l'impact des accidents, des maladies, des morts en cours de route. Mais aussi, de montrer la force de la solidarité, de l'entraide, du courage, de la gentillesse, de l'amitié, de la famille, que les belles rencontres sont possibles.
Sarah se révèle être une femme de 24 ans, lettrée, éclairée et libre. Elle n'est pas mariée (à l'heure où elle voyage mais l'on apprend dans la préface qu'elle se mariera, arrivée à bon port), a du cœur et est de bonne compagnie, fait sa part et souhaite devenir institutrice. Elle voyage avec sa mère, assez effacée, ses deux frères, Hillhouse et Winthrop mais leur famille voyagera en compagnie de plusieurs familles de pionniers comme les Harding, les Morrisson, les Kerfoot, etc...
Ce fut intéressant de suivre un convoi d'émigrés, leur quotidien, leurs difficultés, leurs attentes de ce voyage long et périlleux. Une carte du voyage de Sarah avec les étapes clés est disponible, ce qui est un plus. Le format de carnet de bord est sympathique et il y avait tout de même quelques dialogues. En revanche, ce qui est dommage, c'est que les lettres sont majoritairement très courtes et donc très rapide à lire. Il y a un manque de profondeur forcément mais je peux le comprendre puisqu'il s'agit d'un format du genre journal donc quelques notes écrites sur le moment chaque soir. Il y a un clairement un manque d'informations sur Sarah, on n'apprend pas grand chose sur elle et son voyage ne s'est pas révélé particulièrement palpitant, seulement animé de quelques moments durs, et j'ai bien failli décrocher plus d'une fois car ce n'était pas toujours intéressant.
En bref, ce fut relativement une bonne lecture dans l'ensemble mais pas vraiment ce que j'espérais. Contrairement à Ma captivité chez les Sioux, ce fut moins marquant, moins passionnant et addictif. Je n'en garderai pas un souvenir impérissable.
Les pionniers n'ont pas toujours besoin d'un fusil pour abîmer la nature et en détruire des éléments vitaux pour la population autochtone. Tandis qu'ils transmettent à celle-ci des maladies nouvelles (rougeole, variole, choléra), leur bétail transmet la brucellose aux bisons. Et tandis que le bétail ravage les alentours des pistes, ses propriétaires ravagent le lit des cours d'eau à force de les franchir, et leurs rives à force d'en couper les peupliers indispensables aux Indiens.
Jeudi 6 juillet.
Comme nous traversions une autre localité indienne, j'ai jeté un coup d’œil dans deux ou trois de leurs habitations. Elles sont nues et désolées : pas de lits, pas de tables, de chaises ni d'autres meubles, seulement quelques couvertures roulées et des peaux de bisons, quelques chaudrons, et c'est tout. Des squaws et d'innombrables papooses étaient accroupis à l'entour de leurs tipis ; les squaws fabriquaient des mocassins ou les décoraient de perles. Quand nous leur avons dit "How", elles ont souri en levant deux doigts pour signifier qu'elles en demandaient deux dollars. Nous n'en avons pas acheté.