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 Informations

Titre original : The Remaking

Auteur : Clay McLeod Chapman

Traducteur : Thibaud Eliroff

Editeur : Pygmalion

Genre littéraire : thriller/fantastique

Date de sortie : 2022

Nombre de pages : 348

Prix : 21,90 €

 

résumé

Années trente. Ella Louise Ford est la paria du petit village de Pilot's Creek. En privé pourtant, tous les habitants viennent lui demander de soigner leurs maux à la lisière de la forêt où elle vit avec sa fille, Jessica. Jusqu'au jour où un drame advient. Qui blâmer ? La sorcière, évidemment. Au milieu de la nuit, Ella Louise et son enfant sont brûlées vives. Cette tragédie se transforme en légende urbaine que chacun raconte autour du feu de camp, hantant les natifs de la région au point de devenir, dans les années soixante-dix, le sujet principal d'un film d'horreur rendu culte par les événements étranges qui se sont produits au cours du tournage. Vingt ans plus tard, un remake se prépare… N'étaient-ils pas prévenus ? Tu ne marcheras pas sur la tombe de Jessica.
Inspiré d'un fait réel, ce thriller fantastique prouve que certaines histoires refusent de mourir.

 

note

4/5

J'ai beaucoup aimé2

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chronique

Depuis quelques années, je suis devenue une aficionado de films d'horreur. J'apprécie en regarder, me faire peur, me challenger, je suis d'ailleurs très bon public même si dernièrement, je me suis rendue compte que je commençais à être un peu plus exigeante. A contrario, je lis très peu de thrillers, et encore moins de thrillers fantastiques. Alors lire un thriller fantastique horrifique m'a clairement changé et ça fait du bien, surtout que Le Remake se révéla être une bonne lecture !

L'atout majeur du roman est sans nul doute le style d'écriture de l'auteur, le découpage de l'histoire et donc l'ambiance qui se dégage du roman. Le roman se découpe en quatre grande partie.

La première, assez courte, se situe dans la petite ville américaine de Pilot's Creek en 1951 et un narrateur (de notre époque, je suppose) nous narre l'histoire d'Ella Louise et de sa fille Jessica Ford, brûlées car considérées comme des sorcières et enterrées en deux endroits différents. Cette première partie est la meilleure à mon sens car le narrateur, le conteur, s'adresse directement au lecteur. C'est un peu comme si on était avec lui, autour d'un feu de camp en pleine nuit et que celui-ci nous racontait une histoire bien flippante de sorcellerie et de malédiction ! Cela donne le ton ! La seconde partie se déroule en 1971 et se consacre à un premier film sur cette légende urbaine qu'est la petite sorcière de Pilot's Creek, intitulé "Ne marchez pas sur la tombe de Jessica". Cette partie se concentre sur la jeune Amber, 9 ans, qui va auditionner pour le rôle de la petite sorcière Jessica dans le rôle phare. Et le tournage sur place ne va pas se passer comme prévu et Amber va vivre l'expérience la plus traumatisante qui soit ! La troisième partie se place en 1995 où un remake du film est décidé, "Je sais ce que tu as fais sur la tombe de Jessica" et Amber, adulte, dont le rôle de Jessica a marqué et lui a collé à la peau toute sa vie malgré elle, se voit revenir sur le devant de la scène mais dans le rôle de la mère Ella Louise, sur les lieux où tout a commencé et où un nouveau drame va avoir lieu. Et la dernière partie se déroule en 2016, où un jeune reporter, travaillant à l'élaboration d'un podcast, prend contact avec Amber, âgée d'une cinquantaine d'années, et retourne sur les lieux de Pilot's Creed où cette fois, Amber comprendra ce qu'on attendait d'elle depuis le début.
 
En fait, en y regardant bien, il y a somme toute peu de dialogues, tout est dans la narration et les descriptions très précises. Je peux reprocher beaucoup de répétitions même si là, elles sont sans aucun doute justifiées de par le thème de l'histoire, l'ambiance pesante et dramatique du récit. Il y a aussi quelques passages de scripts bien sympathiques. J'ai aimé le fait que le cinéma ait une grande importance, cela fait un clin de plus au cinéma horrifique que j'apprécie. Si je n'ai pas eu spécialement peur alors que je lisais le roman la nuit, l'ambiance ne m'en a pas paru moins lourde et angoissante, bien au contraire. Quelques passages se sont révélés bien difficiles à lire. Le symbole du serpent qui se mord la queue prend tout son sens, symbole de l'Ouroboros, de l'infini, de ce cercle sans fin... c'était judicieux, d'autant plus avec le parallèle des adaptations, des remakes, etc... De plus, en faisant une petite recherche, j'ai pu me rendre compte qu'il s'agissait là d'une vraie légende urbaine et l'auteur s'en est inspiré, ni plus ni moins ! Ce qui est aussi un bon point, c'est que durant toute ma lecture, je n'arrêtais pas de me poser des questions sur ce qui était réel et irréel, l'auteur nous plongeant dans une certaine confusion car roman "fantastique" ou non, au final ?

Ella Louise et Jessica étaient innocentes à bien des égards. La peur de l'étrange, de l'inconnu a eu raison d'elles. J'ai trouvé cela beau que dans la mort, mère et fille aient continuellement cherché à se retrouver. Elles avaient seulement besoin de quelqu'un qui les comprenne, qui fasse le lien entre elles et les aident. Amber a été ce catalyseur. Même si évidemment, il y a bon nombre de vies brisées et détruites pour cela, à commencer par celle d'Amber.

En bref, j'ai beaucoup aimé ma lecture que j'ai trouvé terriblement intéressante, sombre et mystérieuse jusqu'à la fin. Idéale pour la saison automnale et même pour Halloween ! C'est tout à fait le genre d'histoire qui aurait pu devenir elle-même une adaptation cinématographique, pourquoi pas ! Je recommande ce roman à ceux qui aiment les histoires de sorcières, les histoires de fantômes, qui font peur ou qui veulent se challenger quelque peu !

Merci à Babelio et aux éditions Pygmalion pour l'envoi de ce roman horrifique.

 

masse critique

 

extraits

"Jessica est devenue un ouroboros cinématographique. Un serpent se dévorant la queue, s'enroulant sur lui-même pour l'éternité. Plus j'imagine ce reptile tournoyant indéfiniment, plus ses écailles prennent la forme de vignettes en celluloïd. Quand le serpent change de peau, sa mue translucide passe à travers le projecteur. Les images piégées dans chaque écaille trouvent ainsi leur chemin jusqu'au grand écran. Jessica remplit cette vaste toile, et elle me tend la main.
Le film n'aura jamais de fin. Sa boucle perpétuelle se déroule à l'infini. On racontera l'histoire de Jessica pour l'éternité. Elle a trouvé un nouveau public.
Du sang neuf.
C'est exactement ce qu'elle voulait.
Trouver du sang neuf."