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fiche technique

Titre VO: The Alchemy of Stone

Auteur: Ekaterina Sedia

Traducteur: Pierre-Paul Durastanti

Editeur: Pocket

Genre: science-fiction, steampunk

Parution: 2019

Pages: 317

Prix: 7,90€

 

résumé

Soit une ville immense, sombre et secrète, fondée par un peuple minéral plus secret encore — les gargouilles. De mémoire d’homme, les guildes rivales des Alchimistes et des Mécaniciens s’y livrent une lutte d’influence acharnée. Or les Mécaniciens semblent enfin en passe de l’emporter, prêts à imposer sur la cité un ordre nouveau, brutal.
Automate douée de conscience, unique en son genre, Mattie est la création d’un Mécanicien ambigu. Bien qu’émancipée, elle peine à se libérer de l’emprise de son ancien maître, une ombre qui ne l’a pas empêchée, malgré tout, d’embrasser la carrière d’alchimiste. Les gargouilles l’ont chargée d’une mission cruciale : trouver un remède au mal qui les frappe, une inexorable pétrification. Mission que compliquent des événements tragiques : des attentats frappent la ville, tandis que dans ses entrailles couvent les ferments de la révolution…

 

note

2/5

Bof1

ça passe

 

chronique

J'ai reçu ce roman lors de la masse critique d'octobre et je remercie encore Babelio et les éditions Pocket pour la découverte de ce titre, qui, malheureusement, n'a pas été à la hauteur de mes attentes.

Mattie est une automate qui n'est pas comme les autres. Elle est autonome et est même une alchimiste. De ce fait, les gargouilles, créatrices de la Cité et sentinelles qui veillent sur ceux dans le besoin, en viennent à lui réclamer son aide car elles sont victimes d'un maléfice, celui de la pierre. En effet, elles se transforment petit à petit et définitivement en pierre. Alors qu'en parallèle, la Cité tremble, le chaos règne, la colère gronde et des cendres naît une révolution; Alchimistes, Mécaniciens et gens du peuple s'affrontent dans une lutte de pouvoir! Mais c'est aussi une quête d'émancipation... celle de Mattie!

Ce que j'ai apprécié, c'est le féminisme qui se dégage du roman, qui est mis en avant notamment grâce à Mattie, l'héroïne principale, une automate qui veut sa liberté totale, de corps, de cœur et d'esprit, libre de faire ce qu'elle veut. Elle est incroyablement humaine! Elle réfléchit, elle pense, elle doute, elle souffre, elle aime. Elle a un cœur mécanique, certes mais il bat. Elle s'habille comme une femme, mais C'EST UNE FEMME! C'est donc vraiment un plus de mettre en avant une automate féminine très travaillée, à laquelle on s'attache quelque peu. D'autres femmes dans son entourage forcent le respect également car nous sommes vraiment dans un monde d'hommes, où sévissent toutes les inégalités et injustices inimaginables.

J'ai trouvé la relation qu'entretiennent Mattie et son maître Loharri assez "malsaine". Je ne sais trop quoi penser de cet homme. Il m'a mis mal à l'aise. Il a rendu Mattie très autonome, la laissant libre d'agir comme elle l'entendait mais il a quand même une emprise sur elle. C'est son créateur et un créateur est généralement fier de sa création, surtout quand elle est plus aboutie que toutes les autres. Il l'a laissé partir quant un automate est normalement esclave de son maître, est programmé pour des tâches précises. En ce sens, il a été bon avec elle mais il la tient de par sa clé, celle qui est étroitement liée à Mattie, qui peut la remonter quand elle tombe en panne, panne inévitable. Et elle-même reste très attachée à lui, se fait du soucis pour lui, s'occupe de lui parfois alors qu'il la met mal à l'aise et qu'il refuse à chaque fois de lui redonner sa clé. Franchement, c'était malsain et je n'ai pas apprécié le personnage de Loharri bien que cette relation était nécessaire pour l'intrigue, pour le final.

Le roman est bien écrit, il y a beaucoup de descriptions mais la lecture n'est pas lourde pour autant et l'univers est très abordable. Je regrette la lenteur, le rythme est très lent et il m'arrivait de m'ennuyer car il ne se passait pas grand chose. Il faut dire aussi que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, j'ai eu du mal à rester concentrée assez longtemps pour avancer dans ma lecture, ce qui fait que j'ai mis beaucoup de temps pour finir le roman. Il m'a fallu un bon moment avant d'être plus à l'aise avec l'univers, à être prise dans la toile des intrigues, complots et autres.

En bref, c'est une lecture sympathique mais sans plus. Le roman steampunk a du potentiel mais qui ne m'a pas emballé plus que ça. Je n'ai peut-être pas trouvé mon compte dans ce roman mais je suis sûre qu'il plaira à d'autres lecteurs!

 

masse critique

 

extraits

_ Bon, parlez-moi des gargouilles. Vous en avez croisé, je parie?
_ Oui.
Mattie se demande ce qu'elle pouvait divulguer.
_ Une fois seulement. Elles se cachent durant la journée et on ne les aperçoit qu'à la nuit, mais de loin et à condition de les chercher. Ou du moins c'était le cas jusqu'à présent: elles nichaient sur les toits du Palais.
_ Oui, je les ai vues. Mais elles ne bougent pas. Difficile de dire lesquelles sont vraies.
_ Toutes. La plupart sont changées en pierre. Certaines se déplacent encore, mais finiront aussi par se transformer.
_ Nous devenons tous ce qui nous a donné naissance, déclara Niobé.

 

"Les gens viennent de la terre et y retournent après leur mort. Ils deviennent de la terre. Les gargouilles sont nées de la pierre. Elles en deviennent donc."

 

_ Tu es très beau.
Il la dévisagea d'un air qui lui demeura opaque, mais qui lui rappela la première fois où elle avait demandé à Loharri de lui donner sa clef.
_ Il y a moins d'une heure, je me disposais à te frapper, énonça-t-il dans un murmure. Sans les gargouilles, je t'aurais tuée; tu ne serais plus qu'un tas de ressorts et de rouages. Qu'est-ce qui te prend de parler ainsi?
Mattie s'avisa qu'elle avait gaffé.
_ Tu ne m'as pas tuée, pourtant. Tu n'es pas mon ennemi.
Il secoua la tête.
_ Comment es-tu devenue Alchimiste, d'ailleurs? Et pourquoi les gargouilles t'ont-elles choisie?
_ J'y tenais. Tu es devenu Mécanicien parce que élevé par une mère Alchimiste. Je suis devenue Alchimiste parce que créée par un Mécanicien.