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fiche technique

Editeur: Revue America

Genre: revue, historique, drame

Parution: Printemps 2019

Pages: 194

Prix: 19€

 

résumé

Un grand dossier sur l’Amérique indienne : ce trimestre, America part à la découverte des peuples autochtones, martyrs de l’histoire américaine, mais dont les cultures témoignent aujourd’hui d’une formidable résilience. Des réserves du Wyoming aux quartiers de San Francisco, nous explorons ce trimestre ce monde fantasmé et souvent incompris, avec pour guides des auteurs qui n’ont de cesse d’explorer ce que signifie être « Native American » aujourd’hui aux États-Unis : JOSEPH BOYDEN, DAVID TREUER et JIM FERGUS.

Sans oublier un entretien exclusif avec la grande LOUISE ERDRICH, qui nous a reçu chez elle, à Minneapolis ; un récit virtuose du regretté JIM HARRISON, sur sa relation au monde indien ; et un texte inédit de la nouvelle pépite des lettres amérindiennes, TOMMY ORANGE.

 

note

4/5

J'ai beaucoup aimé2

J'ai beaucoup aimé

 

chronique

  Cela faisait plusieurs mois que je lorgnais sur la revue n°9 America, consacrée à l'Amérique Indienne. Ma médiathèque se l'était procurée mais elle était toujours empruntée et impossible de la réserver. Je suis vraiment tombée dessus par hasard et je me suis jetée dessus sans plus attendre! J'avoue que je n'ai lu que la partie sur l'Amérique Indienne, le reste ne m'intéressait pas du tout. Ce qui m'intéressait tout particulièrement, c'était d'en savoir plus sur l'Amérique indienne d'aujourd'hui, sur ce que sont devenues les tribus, comment ils vivent... Quant on parle d'amnésie quant à l'histoire des Amérindiens, eh bien, c'est tout à fait ça, le mot est juste! Depuis plusieurs mois, je suis vraiment fascinée par la culture amérindienne. J'essaie d'élargir mes horizons, d'enrichir ma culture général sur un sujet qui me tient à cœur et cette revue a rempli sa part du contrat.

La partie sur l'Amérique Indienne se découpe en 7 parties bien distinctes:
*Sur la piste de Curtis (12 pages): il s'agit d'un dossier photos en noir et blanc du grand Edward Sheriff Curtis, un photographe du XIX-XX siècle où pendant plus de 20 ans, il a pris plus de 40 000 clichés de scènes, de personnes de différentes tribus.
*Le coeur battant de Wounded Knee (16 pages) de Davd Trewer: l'auteur de l'article parle d'un Lakota du nom de Black Elk, de ses visions de paix entachées par la violence et la mort, sa participation à la bataille de Little Big Horn, son engagement dans le célèbre Wild West Show, qui a vu le massacre de Wounded Knee où hommes, femmes et enfants ont été froidement assassinés et qui a été un tournant majeur. On découvre ainsi l'après Wounded Knee.
*La réserve en hiver (14 pages): il s'agit d'une rencontre que fait un de mes auteurs favoris désormais, Jim Fergus (auteur de Mille femmes blanches) avec Grand-Mère Margaret, une Cheyenne femme-médecine qui lui narre son histoire; j'ai donc appris qu'il entamait des voyages et faisait des rencontres, qu'il faisait un vrai travail de recherches pour l'élaboration de ses romans.
*Macadam Indian (8 pages) de Tommy Orange: c'est en quelque sorte un essai de l'écrivain de There There, qui parle d'assimilation, de génocide et de l'Indien d'aujourd'hui.
*Indiens, vos papiers! (8 pages): Joseph Boyder est lui aussi écrivain, il évoque son expérience personnelle, les doutes quant à ses origines, les questionnements sur le "vrai indien".
*Seule la Terre est éternelle (14 pages) de Jim Harrisson: un hommage pour le célèbre écrivain qui nous a quitté il n'y a pas si longtemps. Un plaidoyer pour une éthique écologique et une critique contre l'amnésie de l'Amérique. Je n'ai toujours pas lu de romans de JH mais je vais tout faire pour y remédier!
*Rencontre avec Louise Erdrich (7 pages): une interview mené par Julien Bisson, qui va poser des questions judicieuses à cette écrivaine aux origines amérindienne et ses réponses m'ont énormément interpellées.

En lisant cette revue, j'ai encore plus ouvert les yeux, j'ai eu une prise de conscience. Encore et toujours, je suis pas mal choquée sur bien des points et admiratives sur d'autres. Il y a des propos justes qui ont trouvé écho en moi. J'ai encore appris tellement de choses et c'était ultra intéressant, enrichissant... important. J'ai aussi appris que je n'utilisais pas forcément le terme correct pour désigner les Indiens, j'ai d'ailleurs toujours peur d'apparaître négative rien qu'en un mot. Il vaut mieux parler de Native American (Natifs Américains) mais après, à chacun sa propre vision des termes.

Il y a des dates et des cartes plus que bienvenues qui m'ont été très utiles. Il y avait aussi une liste de livres qui m'a énormément plu, j'ai pu ainsi noter plein de titres! De ceux qu'il faut impérativement avoir lus, j'en ai justement lu deux que j'ai beaucoup aimé dont un qui a été mon plus gros coup de cœur de 2018 et qui a été une révélation pour moi : Mille femmes blanches de Jim Fergus. Et l'autre est Le Dernier des Mohicans!

En bref, j'ai beaucoup aimé ce magazine, elle met en avant un sujet très intéressant et important! Cela fait énormément réfléchir! Je ne peux que recommander vivement cette revue!

 

extraits

"J'ai appris qu'on ne peut pas comprendre une autre culture tant qu'on tient à défendre la sienne coûte que coûte."

 

"Nous avons besoin d'une grande vision, et l'homme qui aura cette vision devra la suivre comme l'aigle suit le bleu du ciel." # Crazy Horse

 

"Comme disaient les Sioux, "courage, seule la Terre est éternelle". Peu parmi les cent millions d'autres espèces sont doués de paroles, si bien que nous devons parler et agir pour les défendre. Que nous ayons trahi les peuples autochtones devrait nous pousser de l'avant, tant pour eux que pour la terre que nous partageons. Si nous ne parvenons pas à comprendre que la réalité de la vie est un agrégat des perceptions et de la nature de toutes les espèces, nous sommes condamnés, ainsi que la terre que déjà nous assassinons."

 

"Vous savez, il n'y a jamais eu d'âge d'or américain, où tous pouvaient jouir d'une bonne qualité de vie. Il y a eu un âge d'or pour les hommes blancs favorisés, c'est tout. Pour tous les autres, la vie a toujours été difficile. Pour les Amérindiens aussi, y compris avant le contact avec les Européens. Alors il faut cesser de se tourner vers un passé fantasmé, qui n'a jamais existé, et se dire plutôt: il y aura un âge d'or. Il y aura un temps où le climat sera apaisé, où vous pourrez partir en quête du bonheur, où vous ne serez pas écrasé dès l'université par les dettes, et où vous pourrez boucler vos fins de mois. Est-ce que cela ne serait pas formidable? Un âge d'or vert, pour tout le monde. Mais sans doute, n'est-ce qu'un rêve..."

 

 

"Il est difficile d'admettre qu'on vit sur un territoire qui a été volé à un autre peuple. Mais c'est aussi pour cela qu'il faut raconter, encore et encore, cette histoire, sans céder au seul discours victimaire mais sans rien oublier non plus de l'agression et de l'exploitation qu'ont connues les Amérindiens."