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fiche technique

Auteur: Alice Ferney

Editeur: Actes Sud

Genre: aventure, contemporain, drame

Parution: 2014

Pages: 206

Prix: 19€

 

résumé

Aiguillonné par la curiosité, et très vite porté par l'admiration, un journaliste norvégien s'embarque sur l'Arrowhead avec une poignée de militants s'opposant activement à la pêche illégale en zone protégée. À leur tête, Magnus Wallace, figure héroïque et charismatique qui lutte avec des moyens dérisoires — mais un redoutable sens de la communication — contre le pillage organisé des richesses de la mer et le massacre de la faune.

Retraçant les étapes de cette insurrection singulière, témoignant des discours et des valeurs qui la fondent, Alice Ferney s'empare d'un sujet aussi urgent qu'universel pour célébrer la beauté souveraine du monde marin et les vertus de l'engagement. Alors que l'homme étend sur les océans son emprise prédatrice, Le Règne du vivant questionne le devenir de "cette Terre que nous empruntons à nos enfants" et rend hommage à la dissidence nécessaire, face au cynisme organisé.

 

note

4/5

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J'ai beaucoup aimé

 

chronique

  La préservation des mers et océans me tient beaucoup à cœur depuis plusieurs années, depuis que j'ai enfin ouvert les yeux sur ce qu'il se passe en ce moment même dans le monde. Je suis tombée par hasard sur ce livre à la médiathèque et le résumé m'a tout de suite interpellé. J'étais obligée de l'emprunter et j'ai bien fait!

Nous suivons un journaliste/cameraman norvégien qui, au départ, souhaitait seulement faire un reportage sur le capitaine Magnus Wallace et son organisation Gaïa mais qui va devenir un éminent membre de Gaïa, à bord de l'Arrowhead, aux côtés d'un homme qui se bat de toutes ses forces et aux côtés de nombreux bénévoles venus du monde entier.

Même si l'autrice choisit d'utiliser d'autres termes et d'autres noms, j'ai tout de suite compris qu'elle avait mis en avant l'organisation internationale Sea Shepherd et son créateur Paul Watson, qui luttent avec force et conviction pour cette cause tellement importante qu'est la protection de notre planète. Magnus Wallace est en fait le capitaine Paul Watson, l'organisation Noé est en fait Greenpeace, Gaïa est l'organisation Sea Shepherd, les navires de l'ONG ont eux aussi différents noms. J'ai reconnu les grands événements qui ont marqué l'association et son capitaine, surtout parce que j'avais lu une biographie sur le capitaine Paul Watson il n'y a pas si longtemps et c'était encore assez frais dans ma tête. Bien sûr, quelqu'un qui ne connaitrait pas Sea Shepherd et Paul Watson ou très peu ne ferait pas le rapprochement. Sea Shepherd est une association environnementale que je suis assidûment depuis plusieurs années, dont j'applaudis les efforts, le courage et les résultats. Bravo à tous ceux qui œuvrent pour Mère Nature.

La plume est acérée, incisive, presque poétique. L'autrice ne prend pas de gants, elle ne nous épargne aucunement. Certains passages étaient très durs (notamment les mises à mort des animaux) mais je me suis forcée à les lire parce qu'il le faut, il ne faut pas fermer les yeux.

C'est un livre d'actualité, tout ce qu'il se passe dedans est véridique. Les mers et océans sont vitaux pour la planète et pourtant l'Homme détruit tout. L'avenir s'annonce bien sombre. Le règne des vivants a trouvé écho en moi, m'a poussé fortement à la réflexion, à la remise en question.

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Ce livre m'a forcément touché, choqué, révolté. Une lecture coup de poing, très engagée et importante, qui fait sonner la sonnette d'alarme quant à l'avenir de notre planète, de ce qu'il se passe réellement dans l'ombre alors que nous sommes accaparés par nos petites vies.

 

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extraits

J'ai couru les océans sans loi, ces pâturages liquides pour lesquels je n'étais pas fabriqué. Je ne m'y trompais pas, l'homme appartient à la terre, les eaux vivantes n'ont pas besoin de lui. J'avais pourtant besoin d'elles, comme on désire l'éternité au lieu de la mort, le ciel au lieu de l'enfermement, et sentir au lieu de penser.

 

Si vous êtes comme moi fou de colère, ayez le courage de le proclamer. Et d'agir. Nous devons faire mentir les prédictions funestes qui concernent notre univers. Venez rejoindre la vague de notre révolte. Aidez-nous.

 

Je revoyais l'oeil dilaté de l'animal pendant qu'un braconnier découpait son aileron. J'avais détourné mon attention, anesthésiant mon regard, filmant presque en aveugle, et c'était le silence de la bête qui m'avait ébranlé. Donner de la voix, piailler, hurler comme le font les singes, c'était le royaume de la terre. Ceux de la mer mouraient sans un bruit. Nous étions là pour crier à leur place.