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fiche technique

Titre VO: My captivity among The Sioux Indians

Auteur: Fanny Kelly

Traducteur: Danielle Momont

Editeur: Payot

Genre: historique, aventure, drame, autobiographie

Parution: 2010

Pages: 265

Prix: 18,50 €

 

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Dans les années 1860 aux États-Unis, les pionniers partent en foule coloniser l'Ouest. N'ayant pas voulu se joindre à l'un des grands convois protégés, Fanny Kelly, dix-neuf ans, se dirige vers les Rocheuses avec son époux, leur petite fille adoptive et quelques autres voyageurs. Le 12 juillet 1864 dans l'actuel Wyoming, ils sont attaqués par les Sioux Oglalas qui pillent, tuent puis se retirent en emmenant la mère et l'enfant. Ignorant tout du sort de son mari et séparée de la fillette dès la première nuit, Fanny va demeurer, cinq mois durant, captive d'un peuple violent qui est aussi un peuple pourchassé sans pitié, et dont elle essaie de comprendre la culture. Ces semaines de terreur et d'espoir, elle les raconte dans un livre servi par une vraie plume et nourri de rebondissements dignes d'un grand roman d'aventures du XIXe siècle.

 

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4/5

j'ai beaucoup aimé

J'ai beaucoup aimé

 

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  Je me répète assez souvent en ce moment au fil de mes dernières chroniques vu que mes lectures sont plus ou moins centrées sur le même thème, mais je suis vraiment fascinée par la culture amérindienne en général! J'essaie vraiment de lire différentes choses (fictions ou non) et j'ai parfois des avis différents vis-à-vis des différentes tribus indiennes découvertes. Et c'est avec ce livre, pour la première fois, que j'ai eu un rapport quasi négatif avec le peuple indien mis en avant, à savoir les Sioux!

Il s'agit d'une adaptation d'une histoire vraie qui date du XIXème siècle, c'est l'histoire de Fanny Kelly et donc une autobiographie. Le fait que ce soit une autobiographie fait que c'est beaucoup plus impactant qu'une fiction totale ou une fiction avec quelques faits réels.

On a donc un point de vue à la première personne, ce que je préfère généralement dans les romans afin d'être au plus proche du personnage. C'est Fanny qui nous conte son histoire, on sait donc ce qu'elle vit, ce qu'elle voit, ce qu'elle ressent. On découvre tout de l'intérieur et j'ai aimé cet aspect-là, j'ai d'ailleurs vu cela comme un journal de bord. Fanny va à l'essentiel. Il n'y a pas de descriptions poussées ou à rallonge. C'est donc plus incisif et basé sur la mémoire, SA mémoire et sur ce que son mari lui a raconté d'un point de vue extérieur après sa libération. Il n'y a quasiment pas de dialogues mais ce n'est pas pour autant que c'est une histoire lourde avec un rythme lent. C'est fluide et écrit en termes simples.

Force est de constater que pendant sa capture/détention, Fanny n'a pas détesté le peuple qui l'a retenu prisonnière. Elle ne les a pas aimé non plus, ce n'est pas à ce point-là mais a réussi à regarder au-delà, à ne pas s'attarder sur tout ce qu'ils ont fait et à voir les choses positives même si c'était bien peu. Elle a eu pas mal de réflexions comme quoi d'autres femmes auraient préféré mourir, abandonné la lutte plutôt que de suivre leurs ravisseurs étrangers dans l'inconnu. Et j'aurais sûrement fait partie de ces femmes-là! Mais je ne suis pas Fanny. Fanny est courageuse, elle a été forte, je l'admire vraiment d'avoir tout fait pour survivre, d'avoir tenu aussi longtemps. Évidemment, plus d'une fois, elle a failli abandonner mais elle a toujours gardé un infime espoir qu'on la sauverait. Elle a appris à les connaître: leur mode de vie, les us et coutumes, les traditions; a été témoin de leur "agonie": les guerres entre Blancs et Indiens, les affrontements entre tribus. Mais elle va aussi voir le pire chez ce peuple Sioux, toutes les atrocités qu'ils ont pu faire, qu'elle n'oubliera jamais. Elle a souffert des mensonges à gogo, de l'absence de sa fille adoptive et de son mari, de la soif, de la faim, de la fatigue, de la solitude. On l'obligeait à porter des choses lourdes, elle était fort angoissée tout le temps, a vécu une vie à la dure (loin de tout confort), a souffert de nombreuses menaces faites à son encontre pour qu'elle obéisse et ne tente pas de s'échapper. Elle a vu aussi les bons côtés de ce peuple (bien que très rares): de la bienveillance de la part de certaines femmes notamment, de la compassion parfois, les fêtes, apprendre aux enfants à lire et écrire l'anglais, pas d'abus sexuels (même si elle était prisonnière, personne ne l'a touché ou forcé à épouser quelqu'un).
 
J'ai appris tellement de choses sur les Indiens des Plaines et notamment les Sioux, ici. D'ailleurs, Fanny consacre quelques chapitres en plus où il n'y a que des informations pures et dures sur ses tortionnaires. Je ne sais pas si c'est le point de vue de Fanny qui m'a influencé sur mon avis à propos du peuple Sioux, sûrement vu que tout ce qu'elle a vécu m'a révolté mais voilà, je ne vois pas ce peuple d'un bon œil. Certaines pratiques m'ont choqué/révolté: les enlèvements, les conditions de vie, les mutilations, le scalp, les meurtres d'enfants notamment, leur façon d'être et d'agir. Alors oui, j'ai une grande fascination pour les Amérindiens en général, je ne cautionne pas du tout ce qui leur est arrivé au fil du temps car je trouve cela affreux et révoltant, je sais que certaines tribus étaient plus pacifiques que d'autres mais là, je ne peux pas cautionner. Je crois même que ce sont tous leurs mensonges à la chaîne qui m'ont le plus retourné, c'était constamment! Je ne savais plus sur quel pied danser avec eux, ils pouvaient changer du tout ou tout en un claquement de doigts et je les trouvais très cruels en ça!

En bref, ce fut une très bonne lecture! Cette histoire va longuement me marquer, je pense! Même si je l'ai lu il y a quelques mois, elle est toujours bien présente dans mon esprit! Je pense que c'est le genre d'histoire vraie qu'il est important de lire, ne serait-ce que pour connaître cette femme, qui est loin d'avoir été la seule à vivre cela et afin de perpétuer sa mémoire!

 

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Nulle langue, nulle plume ne sauraient dépeindre ces terribles jours durant lesquels, privée de toute espérance et cernée d'Indiens ivres, je fus constamment en si grand danger.

 

"Beaucoup m'ont dit... qu'ils auraient préféré en finir avec la vie plutôt que d'être entraînés par des sauvages vers un obscur et affreux destin. Mais il n'y a que ceux qui ont entrevu les sombres abîmes de la mort pour savoir combien l'âme se défait à la perspective de plonger dans l'inconnu."

 

Dès le début de ma détention, on m'avait privée de toutes les commodités qui auraient pu me rendre l'existence supportable. On ne me dressait pas de tente, pas plus qu'on ne m'offrait de m'étendre sur une couverture ou une courtepointe. Le sol dur chichement semé d'herbe était ma couche ; l'appréhension et la nostalgie me privaient du repos que ma vie harassante exigeait. On ne me proposait pas de nourriture non plus et , les premiers temps, je n'osai en réclamer. Je devais en partie ma retenue à un manque total d'appétit. Une faiblesse extrême et une inextenguible soif constituaient les seuls signes de ce jeûne prolongé.

 

Nulle description ne saurait pleinement figurer le spectacle dans toute sa barbarie, les trophées sanglants de la victoire brandis bien haut dans la lumière vacillante du brasier, les silhouettes contorsionnées des guerriers à demi cachées dans les ténèbres .Si les Indiens prélèvent les scalps de leurs ennemis, c'est pour l'exultation que cela leur procure, et puis pour apporter aux autres la preuve de leur bravoure, le gage de leur succès .Ma plume demeure impuissante à rapporter mes sentiments durant cette horrible scène.