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Titre VO: Giovanni no Shima

Réalisateur: Mizuho Nishibuko

Studio: Eurozoom

Editeur: Kazé

Genre: historique, drame

Année: 2013

Durée: 1h42

 

Résumé de l'histoire

1945 : Après sa défaite, le peuple japonais vit dans la crainte des forces américaines. Au nord du pays, dans la minuscule île de Shikotan, la vie s'organise entre la reconstruction et la peur de l'invasion. Ce petit lot de terre, éloigné de tout, va finalement être annexé par l'armée russe. Commence alors une étrange cohabitation entre les familles des soldats soviétiques et les habitants de l'île que tout oppose, mais l'espoir renaît à travers l'innocence de deux enfants, Tanya et Jumpei...

 

Ma note

3/5

C'était sympa3

C'était sympa

 

Mon avis

  Depuis quelques temps, je suis en pleine recherches de films d'animation japonais à visionner. J'ai découvert L'île de Giovanni à la médiathèque de la ville voisine à la mienne et le résumé m'a tout de suite plu. Ayant vu pas mal de films d'animation sur la guerre, j'espérais qu'il se démarquerait vraiment mais ça n'a pas tout à fait été le cas.


Nous sommes dans un contexte historique fascinant et terrible puisqu'il s'agit de la Seconde Guerre Mondiale et plus précisément de l'Après Guerre. L'île où se déroule l'histoire est une toute petite île du Japon, à peine visible sur une carte, qui était jusqu'alors préservée, belle et encore un peu sauvage. Mais tout change dès la capitulation japonaise le 15 août 1945. Les habitants de l'île se demandent bien ce qu'il va advenir d'eux, de leur île et craignent l'arrivée des Américains. Mais ce ne sont pas les Américains qui vont occuper l'île, mais les Soviétiques. C'est par le regard de deux garçons qu'on découvre cette occupation. Ils vont devoir cohabiter avec les familles russes venus vivre sur l'île et c'est le choc des cultures, surtout à l'école. Jumpei et son petit frère Kanta, dont les prénoms sont inspirés de deux personnages phares de leur histoire préférée "Le train de la Voie Lactée" à consonnance italienne (Giovanni et Campanella), vont se lier d'amitié avec Tanya, leur jeune voisine russe, démontrant que l'amitié russo-japonaise est possible. Mais nos jeunes héros vont entreprendre sans doute le plus périlleux voyage qui soit par la suite car les habitants de l'île sont déportés en Russie dans des camps, dans ce pays si froid, dans l'espoir un jour de rejoindre leur pays.


Il y a vraiment des moments d'émotions, durs et je pense à un en particulier, qui m'a fait pleurer comme une madeleine vers la fin. Quand ça touche les enfants, c'est toujours terrible. ça ne devrait même pas arriver! La mise en scène est alors magnifique et tragique, mais avec un petit message d'espoir! J'ai trouvé l'idée excellente de mettre en avant le livre préféré des deux garçons, qui est un message à la fois triste et beau et il a d'ailleurs un impact dans la scène la plus bouleversante du film, c'était très bien amené, j'avais envie d'y croire.
Le graphisme est vraiment très joli. Il y a des plans et des couleurs magnifiques, des paysages grandioses et austères a contrario et les rêves des deux garçons sont un voyage onirique où j'en ai pris plein la vue, j'étais subjuguée pendant ces instants-là. Le contraste entre les objets/personnes animés et les objets/décors inanimés est franchement intéressant, c'est dire à quel point la 3D peut se révéler bénéfique. Le design des personnages est assez simple, je trouve, ce qui fait que l'arrière plan ressortait beaucoup plus. J'étais donc très charmée par le visuel du film.


La bande-son est agréable, très instrumentale et ça manquait peut-être de mélodies marquantes. Il y a aussi des petites chansons propres aux Japonais et aux Russes, mais celle que je retiendrais est vraiment la chanson du générique de fin que j'ai bien écouté jusqu'à la fin!
J'ai visionné ce film en version française et j'ai pu constaté qu'il y a avait beaucoup de passages en russes (sous-titrés français évidemment). ça créé un décalage entre trois langues du coup (français, russe et japonais) alors qu'il n'était pas question de français dans l'histoire. Je me suis rendue compte qu'il m'aurait été plus bénéfique de le regarder en version originale (sous-titré français), le visionnage n'en aurait été que meilleur.


En bref, j'ai passé un bon moment avec ce film d'animation qui est une belle leçon d'amitié, de partage entre deux peuples, avec un amour fraternel très fort mais aussi qui montre la part sombre de la guerre. Les bons moments sont très vite occultés par la terrible réalité de la guerre, si bien qu'on oscille entre sourire et larmes. Malheureusement, ce film ne m'a pas autant marqué que d'autres dans le même registre et je ne sais pas si j'en garderai un souvenir impérissable, au contraire du Tombeau des Lucioles auquel je pense encore aujourd'hui, des années après.