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Fiche Technique

Titre VO: Rikon Club

Auteur: Kazuo Kamimura

Traducteur: Samson Sylvain

Conception graphique: [Sign*]

Adaptation graphique: Eric Montésinos

Editeur: Kana

Genre: manga, seinen

Parution: 2015

Pages: 505 (1) - 496 (2)

Prix: 18€

 

Résumé

Le « Club des Divorcés » est un petit bar à Ginza géré par Yukô, jeune femme de 25 ans, divorcée. Elle devient la « mama » du bar après son divorce afin de subvenir aux besoins de sa petite fille de trois ans. Dans cette série en deux tomes, on découvre le quotidien difficile d’une hôtesse, patronne et femme divorcée dans le Japon des années 70.

 

Note

3/5

C'était sympa2

C'était sympa

 

Chronique

  Je suis absolument fan du travail de Kazuo Kamimura, autant pour ses histoires que pour son graphisme. J'ai découvert ce mangaka grâce à ses œuvres Lorsque nous vivions ensemble et Le fleuve Shinano, et dès que j'ai eu l'occasion, je me suis jetée sur la duologie du Club des Divorcés!

Yûko, 25 ans, est propriétaire d'un bar nocturne appelé "Le Club des Divorcés", secondé par Kenchan, son barman et ses hôtesses de bar. Le nom a été choisi par rapport à sa propre vie de divorcée, pour les hommes et les femmes de tout âge qui sont dans le même cas qu'elle, pour faire de nouvelles rencontres, passer du bon temps, oublier ses tracas ou pour se noyer dans l'alcool, dans la tristesse ou dans la luxure. Yûko est une femme qui vit encore avec son passé mais qui veut avancer, qui veut oublier sa vie de femme mariée, profiter de sa liberté, qui ne veut pas faire ce qu'on attend d'elle et qui malheureusement, a bien du mal à s'occuper et à être une vraie mère pour sa fille Asako. Elle va se rendre compte que les choses ne sont pas si simples dans la vie, qu'elle aura toujours besoin d'aide, qu'elle ne peut se débrouiller toute seule, qui a des soucis d'argent mais qui ne veut pas abandonner son précieux club. Quant à Kenchan, ce dernier est amoureux de sa patronne depuis le début, la protège autant qu'il peut, drôle, insouciant et qui est un soutien sans faille. Tout au long des tomes, ils vont se chercher mais aussi se mettre x barrières en plus des nombreuses interruptions au moment où ils allaient aller plus loin. Vers le second tome, on sent les changements arriver et notamment des bons: elle se rapproche peu à peu de sa fille; ses employées l'abandonnent; le club s'effondre, les soucis d'argent sont bien trop importants; elle ouvre en collaboration avec Kenchan un tout nouveau club plus modeste; les deux ont envie de renouveau et de quelque chose ensemble; ils ont de meilleurs rapports avec les clients et les fidèles; Yûko se permet d'être une vraie femme moderne. On ne peut que leur souhaiter du bonheur dans une société très conservatrice et en perpétuel mouvement.

L'univers est très sombre avec une tendance dramatique et malsaine, les thèmes abordés sont très durs et de société (et ce peu importe les années): la maternité, le suicide, la dépression, le divorce, l'adultère, le viol et plein d'autres... Certaines choses m'ont beaucoup révolté, surtout par rapport aux conditions de la femme en ce temps-là et dans ce pays, aux vices de certains hommes, entre autres! Le contexte historique et social est très intéressant. Nous sommes dans un Japon des années 70 qui reste très traditionnel tout en poursuivant une certaine évolution vers le modernisme, avec un côté très conservateur. Et le côté tranche de vie me plaît énormément et il est des plus présents. Ce n'est nullement un manga d'action, le rythme est assez lent et tout est dans l'introspection.

C'est un manga pour public averti, qui n'est pas à mettre entre toutes les mains. Il y a des scènes de sexe, de violence également (pas tellement non plus, il y en a beaucoup moins que dans d'autres de mangas de l'auteur). En tout cas, le contenu reste très mature et j'ajouterai que ce manga est tellement noir, qu'il ne faut pas être dans une phase où le moral est au plus bas, il faut s'accrocher et évidemment, ce manga ne plaira pas à tout le monde car c'est si spécial.

Le graphisme est reconnaissable entre mille. Mettez-moi plusieurs dessins de différents mangas et mangakas, et je saurais reconnaitre au premier coup d’œil le travail de Kazuo Kamimura. C'est pur, poétique, empreint d'une certaine mélancolie. Le trait est très noir. D'une saga à une autre, les personnages se ressemblent énormément mais ce n'est en rien gênant. On est dans la contemplation pure, j'ai pris le temps d'observer chaque dessin, d'essayer de comprendre les messages cachés car il y en a beaucoup. Les détails sont aussi mis en avant de façon magistrale. C'est de l'art, tout simplement.

En bref, c'est une bonne lecture mais pour moi, Lorsque nous vivions ensemble reste la meilleure saga de l'auteur à mes yeux, qui m'a le plus marquée. Il me tarde vraiment de découvrir d'autres trésors de Kazuo Kamimura au talent certain!

 

Extraits

Yûko: Dis, tu veux qu'on aille boire un verre après le travail?
Ken-chan: Hein?!
Yûko: J'ai comme un trou à combler dans la poitrine.
Ken-chan: Oh! Mais c'est terrible! Tu n'aurais pas un début de pneumonie?
Yûko: Idiot! Je te dis que je me sens seule!

 

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_ Mama, dis quelque chose.
_ Hum... pour dire les choses en un mot: le mariage, c'est du théâtre! Il y a le rôle du "mari" et le rôle de "l'épouse", et si chacun joue son rôle comme il faut, tous deux peuvent continuer leur vie normalement.
_ Du théâtre?
_ Oui... et comme une actrice qui jouerait éternellement le même rôle, on finit par fusionner avec son personnage, non? Et seules les femmes qui se confondent complétement avec leur personnage deviennent véritablement de bonnes épouses.

 

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"Si tu concentre toute ta passion sur un homme, il ne peut pas y être insensible, et c'est comme ça que tu peux créer des liens forts. Des liens amoureux ou des liens physiques... une relation, en fait."

 

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