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Fiche Technique

Auteur: Jane Austen

Traducteur: Michel Laporte

Editeur: Hachette

Collection: Black Moon

Genre: classique, nouvelle

Parution: 2013

Pages: 160

Prix: 2€

 

Résumé

Son ciel est un peu bas, un peu vide, mais quelle délicatesse dans la peinture des sentiments! Si nul démon majeur n'habite Jane Austen, en revanche une compréhension d'autrui jamais en défaut, jamais défaillante. La part de satire est excellente et des plus finement nuancées. Tout se joue en dialogues et ceux-ci sont aussi bons qu'il se puisse. Certains chapitres sont d'un art parfait...

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

 

Note

2/5

Bof1

ça passe

 

Chronique

  Je n'ai jamais lu de romans de Jane Austen et il faudrait vraiment que je m'y mette parce que ses romans sont des classiques qui ont de très bons avis. Bref, je me suis dit que ce serait sympa de lire une de ses nouvelles en attendant.

Lady Susan Vernon, 35 ans, est une veuve, qui s'évertue à caser sa fille Frédérica avec l'homme qu'elle veut sans s'occuper une seule seconde de ce qu'en pense la malheureuse demoiselle, qui joue les séductrices avec plusieurs hommes et notamment avec Reginald, jeune frère de sa belle-soeur Catherine Vernon. Cette dernière voit clair dans le jeu de cette femme et ne se laisse pas abuser. Nous découvrons ces histoires, ces intrigues via des lettres échangées entre les différents partis concernés (personnages). On oscille entre ceux qui sont crédules et naïfs, et ceux qui la voient telle qu'elle est réellement.

Quand ils disent au début que Lady Susan Vernon est dénuée de tout sens moral, effectivement, elle l'est! Cette femme est horrible, manipulatrice, odieuse et il est donc difficile de l'apprécier! J'aurais aimé que la fin ne lui soit pas si profitable, même si ça reste une fin douce-amère. En fait, j'aurais voulu qu'elle paie, que tout lui revienne en pleine figure, que ce soit bien fait pour elle car on ne joue pas avec les sentiments des autres, et encore plus avec les membres de sa propre famille!

J'avais du mal à me repérer sur qui était qui, qui s'adressait à qui alors heureusement qu'il y avait un récapitulatif au début. Bien sûr, ce fut plus aisé par la suite, au fil des lettres. le côté épistolaire est vraiment très bien, ça me change de ce que je lis d'habitude. Ce n'est pas sans rappeler Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos que j'ai adoré (lu et étudié pendant mes années lycée) même si on ne peut évidemment le détrôner.

J'aime beaucoup l'écriture de Jane Austen, ce côté ancien, très classique en fait, la beauté des mots. Les univers dans l'Angleterre du XVIII ème siècle me plaisent beaucoup: les codes de la société, la mode, les conditions de la femme, les ragots, les intrigues... tout ça est fascinant et passionnant à découvrir bien que cette nouvelle n'en est pas une vraie représentation.

Une nouvelle sympathique mais sans plus. J'espère apprécier beaucoup plus ses romans!

 

Extraits

"Il m'a été délicieux de surveiller ses tentatives pour essayer de devenir plus intime avec moi, en particulier d'observer le changement de ses façons après que, par la froide dignité de mon comportement, j'ai réprimé son approche insolente qui voulait instaurer une prompte familiarité. Ma conduite a été parfaitement contrôlée depuis le début."

 

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Certaines mères auraient insisté pour obtenir de leurs filles l'acceptation d'une offre aussi avantageuse dès les premières ouvertures.

Moi, je n'ai pu en conscience contraindre Frederica à un mariage auquel son coeur refusait de se soumettre et, au lieu d'avoir recours à des mesures aussi rigoureuses, je me propose seulement de l'incliner à ce choix en rendant sa vie parfaitement insupportable aussi longtemps qu'elle n'aura pas accepté ce parti.

 

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Si je tire vanité de quelque chose, c’est bien de mon éloquence. La considération et l’estime accompagnent aussi inévitablement la maîtrise des mots que l’admiration la beauté. Or, ici, j’ai amplement l’occasion d’exercer mon talent.