La Reine des Sicambres

Fiche Technique

Auteur: Ambroise Liard

Editeur: Toucan Noir

Genre: historique

Parution: 2016

Pages: 160

Pages: 15 €

 

Résumé

Clovis, jeune roi des Francs s’est taillé un royaume à coups de haches et d’alliances, à partir des années 490.
EN décembre 496, le soir du baptême du roi à Reims, au milieu de sa cour, la jeune et belle Renate, compagne de la reine Clotilde est agressée par l’un des généraux de l’armée. Avec l’aide inopinée de son protecteur, le moine Aetius, elle parvient à tuer l’assaillant.
Contrainte de quitter la cour en toute hâte pour ne pas subir le châtiment de Clovis, Renate fait ses adieux à ceux qui l’ont recueillie enfant. C’est ce moment que choisit Aetius pour lui révéler qu’elle n’est pas une femme comme les autres et que personne ne doit jamais voir le dessin d’abeille tatoué sur son dos. Ce tatouage fait d’elle un personnage gênant pour le roi. Bientôt, Renate est traquée sur les routes de Gaule. A quelles ambitions sa survie vient-elle nuire ?

 

Première phrase

"Au Ve siècle de notre ère, les barbares avaient défait Rome."

 

Note

1/5

je n'ai pas aimé

Je n'ai pas aimé

 

Chronique

  Je remercie Babelio et les éditions du Toucan pour l'envoi de ce livre.
Tout d'abord, j'ai été surprise par l'épaisseur du livre, c'est très court et je tiens à dire que la couverture est vraiment très jolie et accrocheuse. Malheureusement, je n'ai pas apprécié le contenu du roman.

Les deux événements majeurs de l'histoire sont le baptême du roi Clovis, lui qui s'est converti au christianisme et le meurtre de Gondioc, un proche ami du roi qui a tenté de violer Renate, la jeune suivante de la reine. Renate va devoir fuir car elle risque la mort ou pire encore. Mais comme elle va le comprendre au fil du roman, ce n'est pas qu'à cause de la mort de Gondioc, mais à cause de la tache de naissance en forme d'abeille qu'elle a dans le bas du dos, la marque des reines Sicambres, dernière de sa lignée. Dans sa fuite, elle va rencontrer l'amour en la personne d'Euric, rencontrer mille dangers et ennemis, mener à bien des missions, découvrir des complots, rencontrer des peuples et devoir plus que tout, accepter ses origines et sa destinée.

Renate, 16 ans, a un physique androgyne, ce qui fait qu'elle peut se faire passer pour un garçon (ce qui lui sauvera la vie dans sa fuite), elle est un peu trop frasque, elle est vive, curieuse et proche de la reine Clothilde qui fut comme une mère pour elle. Quant à Euric, il n'y a pas grand chose à dire sur lui, c'est un grand guerrier, au physique nordique, fou amoureux de sa belle, le protecteur et sauveur de sa dame.

Les personnages ne sont pas approfondis, je ne me suis attachée à aucun d'entre eux et même pas à Renate, l'héroïne. Ils étaient lisses, sans saveur, on ne vivait pas l'histoire et leurs aventures avec eux. Je me fichais bien de ce qui pouvait leur arriver même.

On sent vraiment que l'auteur s'est documenté, c'est très riche (peut-être beaucoup trop). Je ne suis pas une experte en histoire et encore moins en histoire de France, période qui ne m'est absolument pas familière (ce n'est pas la période qui m'intéresse le plus et encore moins le pays), mais je trouve que c'était fait pour être le plus plausible possible bien que ça reste une fiction.

C'est un roman vraiment très sombre, ce n'est pas très joyeux: guerres, meurtres, misère, nature hostile... ça ne donnait pas envie de vivre à cette époque-là!

L'écriture est plutôt agréable, le vocabulaire utilisé est spécial, les descriptions sont vraiment très précises.

ça n'était pas assez immersif, j'étais détachée de tout. Au bout d'un moment, j'ai décroché, je ne comprenais plus rien, je n'arrivais pas à rentrer dans l'histoire bien que j'ai tenu jusqu'à la fin. Dommage, il y avait pourtant du potentiel, quelques bonnes idées.

 

masse critique Babelio

 

 

Extraits

Que devait-elle faire? Se débarrasser des reliques et des besants? Entrer au couvent? Inimaginable, cela signifierait de renoncer à Euric. Pourquoi n'irait-elle pas se jeter aux pieds de Clothilde, tout lui raconter, solliciter le pardon de Clovis pour Gondioc et accepter la relégation, n'importe où, avec Euric? Aussitôt lui revînt en mémoire une leçon d'Aetius: Clovis n'oublie pas et ne pardonne jamais.

 

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Renate sortit du bain, se lova dans une peau de loup. Le regard toujours hagard, elle changea de sujet:
_ Les assauts des hommes se réduisent-ils à cela...?
_ Pas toujours, pas toujours... certains savent faire preuve de délicatesse... tu apprendras à y trouver ton plaisir, répondit la reine d'une voix douce. Ces, disons, effusions, sont notre bénédiction, ma fille! Ainsi nous tenons les hommes: par leur jouissance et notre fécondité. Sans nous, ils ne sont rien. Des lombrics qui s'étripent! Sache que, pour satisfaire mon époux, j'ai tout accepté. Tout. Le chemin fut long pour moi aussi... crois-moi. Nuit après nuit, même les soirs de lune rousse, le loup-garou se révèle sous le catéchumène!

 

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Quand le prêtre la laissa filer, elle courut se débarrasser de sa panoplie de cérémonie. Pourtant, elle se surprit à la poser délicatement sur son matelas pour ne pas la froisser, à en admirer l'étoffe, à rêver au lointain comptoir dont pouvait provenir un tissu aussi chatoyant, aux montagnes, aux mers, aux déserts traversés avant qu'elle ne porte. Nue devant la robe, elle projeta la forme de son corps. Élancée, de longues jambes, un buste menu orné de seins arrondis. Pour la première fois, elle se contemplait. Bien sûr, le reflet d'un lac un jour sans vent lui avait déjà renvoyé l'image de son visage régulier aux pommettes hautes avec quelques taches de rousseur sur un nez aquilin. Quant à ses yeux d'une surnaturelle couleur ambre, depuis sa plus tendre enfance, ils attiraient d'interminables et presque lassantes tirades laudatives.