J'étais là

Fiche Technique

Titre VO: I was here

Auteur: Gayle Forman

Traducteur: Luc Rigoureau

Editeur: Le Livre de Poche

Genre: drame, contemporain

Parution: 2015

Pages: 368

Prix: 17 €

 

Résumé

 Quand j'ai appris la mort de Meg, j'ai cru qu'elle me faisait une blague. Une de celles dont elle avait le secret.
Elle avait tout prévu : la méthode, le lieu, ce qu'il faudrait faire de ses biens. Et même ce fichu mail, envoyé en différé, annonçant qu'elle en finissait avec la vie.
Ensuite, il a fallu affronter la pitié des habitants de Plouc-la-ville. Faire face aux questions que je lisais sur tous les visages.
Oui, Meg était ma meilleure amie.
Non, je n'était pas au courant.
Pourquoi ne m'avait-elle rien dit? Elle avait eu besoin de moi, et je n'avais pas été à la hauteur.
Pourtant, j'étais là.

 

Première phrase

 Le lendemain de la mort de Meg, j'ai reçu le mail suivant:

"J'ai le regret de vous informer qu'il m'a fallu en finir avec la vie. Cette décision, je l'ai prise il y a longtemps. Elle m'appartient entièrement. Je sais qu'elle vous causera du chagrin et j'en suis désolée, mais comprenez que je devais mettre un terme à mes souffrances. ça n'a rien à voir avec vous, et tout avec moi. Ce n'est pas votre faute." Meg

 

Note

5/5

J'ai beaucoup aimé

J'ai beaucoup aimé

 

Chronique

 Tout d'abord, je tiens à remercier grandement Babelio et les Éditions Le Livre de Poche pour ce roman. Gayle Forman est une auteure que j'apprécie après avoir découvert "Si je reste" et "Les cœurs fêlés". Il me reste encore plusieurs de ses œuvres à lire et je n'ai pu que sauter sur l'occasion pour espérer découvrir "J'étais là". Et j'en suis très contente, car, à nouveau, j'ai été touchée par cette histoire.

Meg, 18 ans, s'est suicidée. Peu après avoir reçue une bourse universitaire et être rentrée dans la fac de Seattle. C'était un acte prémédité de longue date, orchestré dans les moindres détails.
Meg a laissé des messages à bons nombres de personnes pour les prévenir de son suicide: ses parents, sa meilleure amie Cody, la police... Entre autres choses.
Mais Cody, sa meilleure amie, sa "sœur", n'a rien vu venir, n'a pas compris/vu l'appel à l'aide de Meg.
Les parents de Meg demandent à Cody de se rendre sur le campus de Seattle afin de récupérer les affaires de leur défunte fille. Cody va alors découvrir l'environnement dans lequel vivait sa meilleure amie, la vie qu'elle menait, les gens qu'elle côtoyait tout en étant assaillie par une multitude de souvenirs.
Cela aurait dû être vite bouclé, plus vite ça aurait été fini, plus vite ça aurait été mieux. Mais pour Cody, tout ne va pas se passer comme prévu bien évidemment.
Elle ne connaissait pas sa meilleure amie aussi bien qu'elle l'avait cru et elle va aussi se rendre compte, que cette longue et éprouvante enquête n'est pas que pour rendre justice à sa défunte amie mais qu'elle est aussi pour elle, pour se reconstruire et entreprendre le long travail de deuil.

Cody m'a beaucoup plu. Elle est incroyablement forte et déterminée. Quand il aurait peut-être mieux valu laisser tomber afin d'entamer le long exercice de deuil, Cody, elle, a été jusqu'au bout de son enquête. Et c'est plus qu'admirable.
Au début, comme l'héroïne, j'avais aussi des a priori sur Ben, le musicien dont Meg était tombée amoureuse mais j'ai finalement réussi à l'apprécier par la suite, et j'avoue que la romance entre les deux, je ne la voyais vraiment pas venir bizarrement. (Il n'y en aurait pas eu, ça ne m'aurait pas dérangé le moins du monde non plus.)
Quant à Meg, j'ai vraiment eu du mal à la voir comme quelqu'un de déprimé, de ce que je pouvais voir et comprendre par le biais de Cody (normal, c'était l'intention de l'auteure). Elle était spéciale, certes mais était vive, elle aimait les belles phrases (beaucoup trop malheureusement...), trouvait un écho en elles. Et pourtant... et pourtant...

Nous ne pouvons être dans la tête des gens, même de ceux que nous chérissons, que l'on connait par cœur. C'est l'idée principale qui se dégage de ce livre. C'est le genre d'histoire qui pousse à la réflexion en tout temps et qui nous interpelle par de précises et magnifiques citations.

Dès le premier chapitre, le ton était donné. ça donnait vraiment envie de s'y plonger. Le style d'écriture est juste parfait. C'est d'une fluidité incroyable et agréable. Et puis, le fait que ce soit écrit en "je", ça m'a beaucoup rapproché de Cody.
L'auteure sait y faire pour clore une histoire en beauté, sans trop de chichis. Mais de manière générale, elle sait manier les mots, elle s'est aussi inspirée de faits réels car il faut bien le dire, cette maladie qu'est la dépression (car oui, c'est bien une maladie!), est une maladie encore bien trop présente dans le monde, malheureusement et qui touche des milliers voire des millions de personnes. Le fait qu'elle ait choisi un sujet qui est toujours d'actualité (ce qui est toujours le cas dans ses romans) m'a plu et ça m'a permis de comprendre toute la dimension, l'importance de cette maladie encore tabou.

La note de l'auteure en fin de roman résume tout, m'a fait prendre conscience de certaines choses. Gayle Forman a tout dit sur la dépression, sur le fait qu'il faut en parler, qu'il faut chercher du soutien à tout prix, là où on le peut.

Le roman a frôlé le coup de cœur, vraiment. Je n'ai pas vraiment de mot pour décrire ce que j'ai ressenti en le lisant. Et je ne risque pas de l'oublier de si tôt...

 

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