J'étais là

La vie peut être dure, belle et compliquée, mais on est en droit d'espérer qu'elle sera longue. Alors, vous verrez qu'elle est imprévisible, que des périodes noires se produisent mais s'apaisent _ parfois avec beaucoup de soutien _ et que les tunnels s'élargissent, ce qui permet au soleil de revenir. Si vous êtes dans l'obscurité, vous aurez peut-être l'impression que vous n'en sortirez jamais. Que vous tâtonnerez. Seul. Mais ce n'est pas vrai. Il existe des gens susceptibles de vous permettre de retrouver la lumière.

 

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_ L'idée de vivre sur une Terre privée de soleil. Mais Cody, sais-tu vraiment ce qui se passerait si le soleil mourait?
_ Non.
J'ai couiné comme une souris.
_ En une semaine, la température tomberait en dessous de zéro. En un an, elle atteindrait moins trente-huit. Les océans gèleraient. Inutile de préciser que c'en serait fini des récoltes. Le bétail succomberait. Les humains qui ne seraient pas tués par le froid mourraient de faim. Une planète sans soleil, la manière dont tu t'es résumée, n'est-ce pas, ? c'est déjà une planète morte. Même si tu continues à subir des évolutions.

 

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Elle m'a fixé, et j'ai deviné que ce que je lui demandais de faire, ce que Dieu nous demande de faire, ce que je demande à tous ici de faire, n'est pas aisé. Laisser nos cicatrices se refermer. Pardonner. Et, plus dur que tout parfois, nous pardonner à nous-mêmes. Si nous refusons de le faire, alors nous gaspillons le plus beau don de Dieu, son médicament miraculeux.

 

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J'arrête là. Me souvenir de mes multiples séjours chez les Garcia à regarder la télé sur leur canapé usé, à écrire des pièces et à forcer Scottie à jouer dedans, à veiller trop tard près du feu mourant quand nous campions, tout cela me réchauffe le cœur, mais... Il y a toujours ce mais. Ben me contemple comme s'il attendait que je continue.
_ Sauf que, je murmure, si la normalité implique de subir ce qu'ils viennent de subir, quel espoir restera-t-il aux gens comme nous?
Il secoue la tête. Lui non plus n'a pas de réponse à cette question.

 

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_ Et tu t'appelles comment?
Mon nom lui dira-t-il quelque chose? Lui a-t-elle parlé de moi?
_ Cody.
_ Cody, Cody, Cody, égrène-t-il comme si mon prénom était une voiture qu'il soumettait à un essai sur route. Un vrai prénom de cavalière, ça. D'où viens-tu, Cavalière Cody?
_ Du pays des cavalières.
Demi-sourire. Il le rationne, ou quoi?
_ Un pays que j'aimerais beaucoup visiter. On pourrait s'offrir un rodéo, par exemple?
Regard appuyé, des fois que je n'aie pas pigé l'allusion.
_ Tu serais vite désarçonné.
ça, ça lui plaît drôlement. Il est persuadé que nous flirtons.
_ Ah bon?
_ Oui. Les chevaux hument la peur.
Il flanche. Rien qu'une seconde.
_ D'où tiens-tu que j'ai la frousse?
_ Les connards de la ville l'ont toujours.
_ Comment sais-tu que je suis un connard de la ville?
_ Eh bien, on est en ville, non? Et tu es un connard, non?
Pour le coup, désarçonné, il l'est.

 

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Une fois découverts les Heavens to Betsy, Meg s'était donné pour mission de dénicher tous les morceaux existants sur les lucioles. A sa bonne habitude, elle en avait dresse la liste exhaustive en quelques semaines seulement.
_ As-tu déjà vu une luciole, au moins? m'étais-je moquée.
J'étais sûre que non. Comme moi, elle n'avait pas mis les pieds à l'est des Rocheuses.
_ J'ai le temps, avait-elle répondu en écartant les bras.
L'air de montrer qu'elle avait toute la vie devant elle.

 

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"Ce qu'on ressent quand on éclaire le ciel, tu ne le sauras jamais. Ce qu'on ressent quand on est une luciole, tu ne le sauras jamais."