U4, Jules

Je croise son regard et n'y vois qu'une bienveillance infinie. Une putain de bienveillance dans les yeux d'une meurtrière. Je me sens inondé d'une immense gratitude. Cette fille n'était pas destinée à tuer des soldats. C'est le monde qui a fait d'elle une tueuse.

 

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Je ne te dis pas qu'on va construire d'un claquement de doigts un monde qui nous convienne. Mais au moins, on essaye d'être autonomes, de s'en sortir, de gérer un peu tout ce merdier, parce que, après tout, on ne les connaît pas, les adultes qui ont survécu, les soldats, les politiques qui ont bénéficié d'une protection spéciale.

 

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Le pire, après la puanteur et le silence entrecoupé des cris des charognards voraces, c'est l'immobilité absolue de tout ce qui vivait. La vie, c'est le mouvement, et de mouvement, il n'y en a plus. Hormis les tourbilons d'oiseaux noirs et les cavalcades de rats gris.

 

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Il faudra changer pour pouvoir vivre, t'adapter. Ne te contente pas de survivre, vis.

 

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Nous possédons donc l'arme fatale pour déconnecter la bombe à retardement que constitue le grand Max, et cette arme, c'est Alicia.
Alicia, la seule enfant qui semble avoir survécu à l'épidémie.
Alicia, mon miracle. Le miracle de son incroyable rire.

 

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Après, je m’étais connecté à Internet pour en apprendre un peu plus : toutes les vidéos montraient des tas de cadavres à même le sol dans les rues, des rangées de dépouilles dans le monde entier, des morts en direct, des usines nucléaires à l’arrêt, des hommes avec des masques de protection, des foules en panique que des militaires n’arrivaient pas à contenir. J’avais arrêté YouTube. Trop cauchemardesque. Et maintenant je suis isolé sans Internet, sans télévision, sans personne et sans plus rien savoir.