LokisMoyenne

Fiche Technique

Auteur: Prosper Mérimée

Editeur: Hatier Poche

Collection: Classiques & cie

Genre: classique, fantastique

Parution: (1834) 2008

Pages: 96 (64 pages pour l'histoire seule, sans le dossier)

Prix: 2,80 €

 

Résumé

"La scène se passe en Lithuanie. On y parle sanskrit presque pur. Une grande dame du pays étant à la chasse a eu le malheur d'être prise et emportée par un ours dépourvu de sensibilité, de quoi elle est restée folle; ce qui ne l'a pas empêchée de donner le jour à un garçon bien constitué qui grandit et devient charmant; seulement il a des humeurs noires et des bizarreries inexplicables."
Telle est, au dire même de l'auteur, la trame du récit limpide et troublant qu'on va lire.
Jusqu'où le jeune comte Michel se laissera-t-il emporter par la singularité de sa nature? Qu'apprendrons-nous sur les secrets de sa naissance et sur la force de ses penchants? D'où lui vient cette étrange familiarité avec le peuple primitif des forêts, ses mystères et ses rites, ses terreurs et ses enchantements?
Avec un mélange de grâce nonchalante et d'ironique fermeté, Mérimée nous achemine, à notre insu, vers l'un de ces cruels dénouements dont il détient le secret.

 

Note

2/5

Bof

ça passe

 

Chronique

  Lokis est un tout petit livre qui fait une soixantaine de pages, c'est même une nouvelle que j'avais lu et étudié pour les cours de français au lycée, un classique intéressant mais pas extraordinaire.
J'ai décidé de donner mon avis après ma relecture, sans trop détailler, décrypter à fond l’œuvre de Mérimée (je ne me souviens même de rien du tout à vrai dire). ça se lit très vite (si on ne se réfère pas aux définitions etc...), il y a pas mal de vocabulaire détaillé en bas de pages, peut-être beaucoup trop et j'ai trouvé cela très très lourd. Les rares illustrations sont assez sympathiques mais un peu plus, ça aurait été mieux.
On peut passer à côté de ce que tente de véhiculer Mérimée dans son histoire. Il y a plein de sous-entendus (c'est un peu comme les contes en fait, il y a toujours un message caché) mais grâce aux explications en bas de pages, il n'en est rien. Il y a beaucoup de blabla inintéressants et ça gâche tout.
Pour ce qui est de Lokis (qui signifie "Ours"), on devine tout de suite que les rumeurs à propos de cet ours sont vraies, que le comte en est bien un au fil des pages, les indices sont nombreux et cohérents. Voilà la touche fantastique de la nouvelle. Et ce que j'ai trouvé intéressant.

 

Challenges

Challenge 2015, les 400 points

 

Extraits

Dès que nous entrâmes dans la salle à manger, un maître d’hôtel nous présenta, selon l’usage du nord, un plateau d’argent chargé de liqueurs et de quelques mets salés et fortement épicés propres à exciter l’appétit.
- Permettez-moi, monsieur le professeur, […] de vous recommander, en ma qualité de médecin, un verre de cette starka, vraie eau-de-vie de Cognac, depuis quarante ans dans le fût. C’est la mère des liqueurs. Prenez un anchois de Drontheim, rien n’est plus propre à ouvrir et préparer le tube digestif, organe des plus importants… Et maintenant à table.

 

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Tout à coup, une femme de haute taille, pâle, maigre, les vêtements en désordre, les cheveux épars, et tous les traits contractés par la terreur, parut au haut du perron, sans que personne pût savoir d'où elle venait.
- A l'ours ! criait-elle d'une voix aiguë ; à l'ours ! des fusils !... Il emporte une femme ! tuez-le ! Feu ! feu !
C'était la comtesse. L'arrivée de la mariée avait attiré tout le monde au perron, dans la cour, ou aux fenêtres du château. Les femmes mêmes qui surveillaient la pauvre folle avaient oublié leur consigne ; elle s'était échappée, et, sans être observée de personne, était arrivée jusqu'au milieu de nous. Ce fut une scène très pénible. Il fallut l'emporter malgré ses cris et sa résistance. Beaucoup d'invités ne connaissaient pas sa maladie. On dut leur donner des explications. On chuchota longtemps à voix basse. Tous les visages étaient attristés. " Mauvais présage " disaient les personnes superstitieuses ; et le nombre en est grand en Lithuanie.

 

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Je crois, monsieur le comte, que les animaux sont physionomistes, et qu’ils découvrent tout de suite si une personne qu’ils voient pour la première fois a ou non du goût pour eux. Je soupçonne que vous n’aimez les animaux que pour les services qu’ils vous rendent ; au contraire quelques personnes ont une partialité naturelle pour certaines bêtes, qui s’en aperçoivent à l’instant. Pour moi, par exemple, j’ai depuis mon enfance une prédilection instinctive pour les chats. Rarement ils s’enfuient quand je m’approche pour les caresser ; jamais un chat ne m’a griffé.