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"Quand le destin a besoin d'un petit coup de pouce, l'amitié exige qu'on lui tende la main."

 

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_ Vous m'appeliez juste pour connaître mon emploi du temps?
_ Pas du tout, je voulais prendre de vos nouvelles, savoir si votre roman avançait.
_ J'ai abandonné le précédent pour en écrire un autre.
_ Formidable.
_ Il sera très différent.
_ Ah bon? Il faudra m'en raconter le sujet.
_ Je ne crois pas que ça vous plaira.
_ Taratata, vous dites ça pour égayer ma curiosité.
_ Non, je le pense vraiment.
_ Un thriller, cette fois?
_ Nous en discuterons d'ici quelques semaines...
_ Un polar?
_ Quand j'aurai terminé le premier jet.
_ Un roman érotique!
_ Gaetano, vous aviez quelque chose de particulier à me dire?
_ Non... Vous allez bien?
_ Oui, je vais bien, très bien même. Puisque ma vie vous passionne, j'ai fais un peu de ménage ce matin, puis j'ai déjeuné au café en bas de chez moi, j'ai lu une bonne partie de l'après-midi, ce soir, je me suis réchauffé un plat de lentilles qui est en train de refroidir, et ensuite, j'écrirai avant d'aller me coucher, vous êtes rassuré?
_ Les lentilles, c'est un peu lourd, le soir, non?
_ Bonne nuit, Gaetano.
Paul raccrocha en secouant la tête et se remit à son ordinateur.

 

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_ Je crois qu'elle a raison, lâcha Paul tandis qu'ils arrivaient sur l'esplanade des Invalides.
_ Qui? demanda Lauren.
_ Mon éditeur.
_ Je croyais que c'était un homme? objecta Arthur.
_ Bien sûr que c'est un homme, poursuivit Paul.

 

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- Ce qui est important, c'est de prendre une décision, affirma-t-il.
- Quelle décision ?
- Celle qui vous permettra de vivre au présent au lieu de vous demander de quoi sera constitué l'avenir.

 

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- J'ai deux bonnes nouvelles, s'exclama l'éditeur, tout à fait rapatantes.
- Commencez par la mauvaise !
Cristoneli l'observa, étonné.
- J'ai reçu un message des Coréens, vous êtes invité au journal du soir qui sera suivi d'une grande émission littéraire.
- Et la bonne ?
- Mais enfin, je viens de vous la donner !
- J'ai un trac à défaillir quand je fais une signature où il y a plus de vingt personnes, comment voulez-vous que je passe à la télé ? Vous avez envie que je tourne de l'œil en direct ?
- Vous ne serez que tous les deux sur le plateau, aucune raison d'avoir le trac.
- Tous les deux ?
- Murakami est l'invité principal. Vous rendez-vous compte de la chance que vous avez ?
- De mieux en mieux, je serai à l'antenne avec Murakami. Avant de m'évanouir, je vais peut-être vomir sur les chaussures du présentateur, ce sera du plus bel effet.
- Très bonne idée, cela ferait probablement vendre des tonnes de livres dès le lendemain.
- Vous entendez ce que je vous dis ? Je suis incapable de passer à la télé, je vais suffoquer, je suffoque déjà, je vais mourir en Corée devant des millions de téléspectateurs, vous aurez été complice d'un meurtre.
- Arrêtez votre cinéma, vous n'aurez qu'à prendre un bon cognac avant d'entrer en scène et tout ira bien.
- Bourré à l'antenne, je vais être rapatant !
- Fumez un petit truc.
- J'ai fumé un petit truc une fois dans ma vie et pendant deux jours, j'ai vu des nids de vaches au plafond de ma chambre.

 

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Les gens passent plus de temps les yeux rivés sur leurs portables qu'à regarder ce qu'il se passe autour d'eux. Le seul moyen d'attirer l'attention de nos jours, c'est en souriant sur un écran de smartphone, ce n'est pas de ma faute, mais c'est ainsi.

 

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Vous croyez qu'une quatrième de couverture est anodine ? Elle a le droit de vie ou de mort sur le destin du livre.

 

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Arthur prit Paul par l'épaule.
- Si ton bonheur est là-bas, ce ne seront pas une dizaine de milliers de kilomètres en plus qui nous éloigneront.
- Loin de moi l'idée que tu sois nul en géographie, mais as-tu déjà songé que, par l'Ouest, nous nous rapprochons. Ne le confie à personne, mais la Terre est ronde !

 

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- Vous trouvez qu'il n'y a pas assez de drames dans la vraie vie, que les gens ne sont pas suffisamment accablés de malheurs, de mensonges, de lâchetés et de mesquineries, vous voulez en rajouter ? Perdre leur temps à leur raconter des histoires qui finissent mal ?

 

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C'est peut être cela finalement, aimer vraiment. Apprendre à pardonner, sans réserve et surtout sans regrets. Poser son doigt sur la touche d'un clavier, effacer les pages grises pour tout réécrire en couleur. Mieux encore, sa battre pour que tout finisse bien.

 

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On ne doit jamais juger un ami, on apprend juste à la connaître de mieux en mieux.

 

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- Il m'a rendue heureuse, au début.
- Je l'espère ! Si les débuts étaient moches, les princes charmants disparaîtraient de la littérature et les comédies romantiques seraient classées au rayon films d'horreur.

 

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Si l'on pouvait appuyer sur une touche et effacer nos erreurs, ce serait formidable, n'est-ce pas ? Mais cela n'existe que dans les livres.

 

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Les chagrins d'amour font un mal de chien, mais le vrai malheur, c'est quand la vie est un désert.

 

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- Quelle décision ?
- De partager avec d'autres ce que tu as écrit. Tu n'es pas Hemingway, mais ton histoire peut apporter un peu de bonheur aux gens qui la liront. Par les temps qui courent, ce n'est déjà pas mal.

 

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- Les romans se doivent de coller à une certaine réalité, au risque de paraître fleur bleue.
- Mais on leur dit merde, à ceux qui n'aiment pas les histoires heureuses, qu'ils aillent patauger dans leur sinistrose, ils nous font déjà assez suer comme ça, on ne va pas en plus leur laisser le mot de la fin.

 

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_ Je suis content que vous soyez là.
_ C'est vrai?
_ Non, je disais ça pour être poli.
_ Moi aussi, je suis contente d'être là. Depuis le temps que je rêvais de découvrir Séoul.
_ Vraiment?
_ Non, je disais ça pour être polie.

 

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_ Parfait, dit l'inspecteur. Vous pouvez repartir avec lui.
Se retournant, Cristoneli découvrit la présence de Mia et fustigea Paul du regard.
_ Comment ça, reprit-il outré à l'inspecteur, à ce prix-là, je ne peux pas avoir les deux?
_ Madame n'a pas ses papiers!
_ Madame est ma nièce! assura Cristoneli, je l'affirme sur l'honneur.
_ Vous êtes italien et votre nièce est anglaise? Dites-moi, c'est l'internationale chez vous!
_ Je suis naturalisé français, monsieur l'inspecteur! riposta Cristoneli, et en effet, dans ma famille, nous sommes européens depuis trois générations, métèques et avant-gardistes, selon votre ouverture d'esprit!
_ Fichez-moi le camp, et vous, mademoiselle, je veux vous revoir demain après-midi avec votre passeport, c'est clair?
Mia acquieça de la tête.

 

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_ Vous ne venez pas?
_ Si, si, j'arrive.
_ Pourquoi m'avoir conduite ici si vous avez le vertige?
_ Parce que vous, vous n'en souffrez pas. Ce panorama est unique au monde. Continuez, je vous attends là. Emplissez vos yeux, ceux qui ont eu la chance de découvrir ainsi la Ville des Lumières se comptent sur les doigts d'une main, disons de quelques mains. Avancez, ne ratez rien du spectacle. Un soir d'hiver, devant la cheminée d'un vieux manoir anglais, vous raconterez à vos arrière-petits lords l'histoire d'un autre soir où vous admiriez Paris depuis les toits de l'Opéra. Vous serez si âgée que vous aurez oublié mon prénom, mais vous vous souviendrez d'avoir eu un ami à Paris.

 

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_ Pourquoi iriez-vous vivre en Corée, vous ne parlez même pas la langue?
_ C'est une difficulté à laquelle je n'avais pas songé. Je suppose qu'il me faudra l'apprendre.
_ Vous allez vous mettre au coréen?
_ Nan niga naie palkarakeul parajmdoultaiga nomou djoa?
_ Qu'est-ce que c'est que ce charabia?
_ ça signifie "J'aime bien quand tu me suces les orteils", en coréen.
_ ça y est, vous êtes devenu fou, vous débloquez complétement!