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"Dieu sait que nous avons fait assez de mal sur cette planète, mais éliminer les plus gros animaux que Dieu ait créés témoigne d'une arrogance et d'un manque de clairvoyance qui en disent plus long sur l'intelligence de l'Homo Sapiens que n'importe quelle grande équation mathématique ou œuvre d'art."

 

 

 

"A voir la baleine si volumineuse, si indolente, et apparemment si gauche, on pourrait croire que tous ses mouvements sont lents, paresseux, et que malgré ses plus grands efforts elle n'est guère capable de célérité. C'est exactement le contraire. Une baleine flottant immobile à la surface de la mer peut plonger en l'espace de 5 à 6 secondes, ou même moins, hors d'atteinte de ses ennemis, les hommes."

 

 

 

 

"Ces êtres, que de la hauteur où notre pensée nous a élevés, nous serions tentés de croire les seuls habitants de la terre, sont les cétacés. Leurs dimensions sont telles, qu'on peut saisir sans peine le rapport de leur longueur avec la plus grande des mesures terrestres. On peut croire que de vieilles baleines ont une longueur égale au cent millième du quart d'un méridien."

 

 

 

A travers les eaux claires, une immense ombre fantomatique glisse doucement sous la surface, vers le soleil levant. Soudain, la mer se met à bouillonner; l'énorme masse fait surface et un terrible fracas déchire la tranquillité des lieux. Deux énormes orifices s'ouvrent au-dessus de la surface et un geyser surgit aussitôt. Un arc-en-ciel se forme parmi les myriades de gouttelettes. Un dos puissant et massif roule vers l'avant, une petite nageoire dorsale apparaît, puis une queue spectaculaire s'élève, majestueusement, au-dessus de l'eau. Une multitude de perles d'eau courent vers la marge de la queue et tombent, comme dans une fontaine, dans les vagues. La queue se dresse à l'horizontal, ensuite elle s'enfonce dans les profondeurs. Juste à côté de cette apparition, un autre dos, plus petit, se montre timidement, voire maladroitement. Le souffle est moins puissant et se répète plusieurs fois. Le petit animal s'arque et disparaît à son tour en exhibant à peine le bout d'un lobe de la nageoire caudale. Ce sont deux rorquals à bosse. Dans cette eau bleue et cristalline des Caraïbes, la mère est trapue et corpulente, ses longues nageoires pectorales et le dessous de sa queue sont maculés de blanc. Le baleineau, quant à lui, se serre contre sa mère, imitant tous ses mouvements. Souvent, il se pose sur le dos maternel, nage sous son ventre, contre le flanc et, parfois, il se colle contre la tête de sa mère. Le contact entre le petit et la maman est permanent, car pour ces mammifères le toucher est primordial. Si le baleineau se tient si proche de sa mère, c'est aussi pour nager sans effort, grâce aux appels d'eau qui se forment autour d'elle et qui entraînent le petit.