les-gardiens-des--lements,-tome-2---vague-de-chaleur-172573

Yvette Prentiss, des funérailles. Elle n'avait plus son uniforme (pas de robe de dentelle), mais son jean slim avec de la dentelle sur les côtés ainsi que son chemisier en dentelle moulant (pas de soutien-gorge en vue) faisant une déclaration très claire sur le plan de la mode. Genre: "Salut, je suis une vraie pute, grimpe à bord et monte-moi comme un poney de location."





- Exactement. Ça va?
Oh. La règle de trois. Je sentis la contrainte faire effet, et entendis ma bouche dire:
- Non, bordel, espèce d'idiot, je ne vais pas bien! Je suis morte il y a moins d'une semaine, David est tenu prisonnier par une espèce de djinn qui s'y croit avec ses illusions de divinité, et on vient de me fourrer le cul dans une bouteille! Tu viens de le faire! Avec des fringues merdiques!
Il poussa un gros soupir de soulagement.
- Tu vas bien.



_ Rien ne t'arrête jamais, Jo. Rien ne l'a jamais fait. J'ai besoin de toi parce que tu es la seule personne que j'aie jamais connue qui soit complètement incapable de perdre une bataille.
Je sentis une rougeur brûlante monter à travers moi; pas une rougeur humaine, pas vraiment, cela se passait plutôt dans le monde éthéré que via un réseau capillaire. Je dis, avec plus d'humilité que je n'en avais probablement jamais eu dans ma vie:
_ Ouais, bon, tu ne connais pas tant de gens que ça, Lewis. Tu crains toujours un peu, niveau communication.
Il me lança un grand et lent sourire.
_ Tu n'as pas toujours pensé ça.
Ce qui me ramena à des souvenirs qui n'étaient ni appropriés à la situation ni vraiment pertinents, mais qui étaient vachement sympas à se remémorer. Une énergie orageuse qui s'embrasait autour de nous, deux corps nus bougeant dans un rythme doux et chaud, lubrifiés par la sueur, le désir et le pouvoir incroyable de l'instant...
Pas une mauvaise façon de perdre sa virginité , tout bien considéré.





_ [...] Crois-moi, il y a des veuves noires, et puis, il y a Yvette. Peut-être qu'elle est carrément baisable, mais tu ne survivrais probablement pas à la nuit.
Conversation entre mecs. Bon dieu. J'en avais manqué des trucs quand j'étais corporelle.




Je me demandai s'il avait envie de manger quelque chose. Je pourrais essayer de lui préparer vite fait un beau petit bagel ou quelque chose d'autre, mais je n'étais pas sûre que mes aptitudes culinaires de djinn soient en rien meilleures que celles que j'avais du temps normal où je me baladais encore sous forme humaine; à l'époque, j'étais communément reconnue comme la Lucrèce Borgia de la sauce spaghetti.



La Terre était tellement belle, frangée de bleus et de verts, de rouges et d'or, étincelante de pouvoir et d'énergie vitale. Elle était magnifique. Vivante. Douée de sensations. Je pouvais la sentir d'ici, une conscience lente et vaste qui commençait seulement à se demander si la présence des êtres humains était une Mauvaise Chose. Les tempêtes, les tremblements de terre, les incendies qui avaient harcelé la société humaine avec une férocité toujours plus grande depuis l'âge de pierre, ceux-là n'étaient rien de plus que la Terre remuant dans son sommeil, chassant d'un geste une mouche bourdonnante sans jamais en venir vraiment à se réveiller. Des frissonnements de la peau. Des éternuements involontaires visant à expulser les intrus.




Lewis et moi avions une histoire longue et embrouillée; c'était plus du désir que de l'amour. C'est l'un des plus grands préceptes de la magie: qui se ressemble s'assemble. Nous avions gravité l'un autour de l'autre comme des charges magnétiques opposées. Ou bien de la matière et le l'antimatière. S'il n'y avait David...