Les proies

 

_ Il faut qu'on en ait le coeur net.
_ Moi, je bouge pas d'ici, affirme Ava.
_ Personne t'a demandé de venir, la rembarre Pauline.
_ Ouah, on dirait que c'est le grand amour, commente Zoltan.

 

 

Là, elle avait trouvé Roger, débarbouillé, changé, un tablier sur la poitrine, occupé à préparer... des petits gâteaux .
_ Des sablés à la vanille et à la cannelle, avait-il précisé dans un sourire.
Margot avait de nouveau cligné des yeux. L'homme qui lui avait sauvé la vie en dézinguant sans sourciller des dizaines de zombies était maintenant en train de jouer les parfaites ménagères.
Décidément, rien ne se passait normalement.

 

 

Margot n'en revient pas. Entre Pauline qui se croit dans Plus Belle La Vie et lui qui déconnecte de la réalité en un clin d'oeil, elle est bien entourée!

 

 

_ Non. Que veux tu que je prenne? J'ai mon père, je t'ai toi, j'ai Enzo, Roger, mon chat...
_ Et moi? Je pue? demande Zoltan en riant.
_ Et oui, il y a aussi celui-là, sourit Margot. Même si on ne sait pas bien ce qu'on va faire de lui!

 

 

Margot court comme une dératée. Sa combinaison la gêne, son masque l'empêche de bien respirer mais son énergie compense. Elle n'a pas besoin de se retourner pour savoir que, derrière elle, la meute s'est mise en branle. Margot court comme si elle était poursuivie par une horde de monstres sortie tout droit des enfers. Ce qui, autant qu'elle le sache, pourrait bien être le cas. Mais la horde se rapproche vite et Margot sait qu'elle ne pourra pas courir indéfiniment. Elle bifurque brusquement et, sans ralentir, se dirige vers l'arrière d'un immeuble. Les poubelles. C'est quitte ou double. Margot, à bout de souffle, hésite une seconde. Les grognements se rapprochent. Elle ouvre le conteneur noir, saute à l'intérieur et rabat le couvercle sur sa tête.